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Titre de l’article :
ATTITUDES ET PRATIQUES DES USAGERS DE DEUX-ROUES MOTORISÉS À OUAGADOUGOU : UN DÉFI POUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE.

Auteur.e.s :
Stanislas Marie Maximilien BAMAS, .

Résumé :
La mobilité urbaine à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, se caractérise par une prédominance écrasante des deux-roues motorisés (2RM). Face à l’étalement horizontal rapide de la ville, à la fragmentation urbaine et à la précarité structurelle des réseaux de transports collectifs conventionnels, l’engin motorisé est devenu une véritable réponse adaptative pour les citadins. Loin d’être un simple choix de transport, le 2RM s’impose comme une condition essentielle de la « citadinité », garantissant l’accès à l’emploi, aux études (écoles et universités) et aux services de santé pour une population jeune et active. Le cœur du problème réside dans une déconnexion profonde et paradoxale entre le niveau d’instruction des usagers (dont près de 70 % ont atteint le niveau secondaire ou supérieur) et le respect du cadre réglementaire routier. L’espace routier ouagalais est ainsi devenu le théâtre d’un arbitrage permanent entre pratiques informelles et normes étatiques : La démarche suivie dans cette étude est une approche méthodologique mixte, qui combine à la fois des outils quantitatifs et qualitatifs. Elle repose sur le principe de la triangulation des données, ce qui permet de confronter le cadre réglementaire théorique (les lois) aux pratiques réelles des usagers sur le terrain.La démarche repose sur une recherche documentaire et une enquête de terrain réalisée auprès de 1 202 usagers (marchés, services de santé, établissements scolaires et universitaires). Les données ont été collectées via l’application KoboCollect et traitées sous SPSS. Les résultats révèlent un paradoxe entre le niveau d’instruction des usagers et le respect des normes. Si l’immatriculation des véhicules est largement acquise (92,5 %), les autres obligations légales sont massivement ignorées : moins de 10 % des enquêtés possèdent un permis de conduire de catégorie A/A1 ou une attestation d’assurance. Bien que le port du casque soit connu comme obligatoire par 72,4 % de l’échantillon, seulement 54 % en sont détenteurs. « L’étude met en lumière l’inefficacité des décrets actuels, singulièrement en ce qui concerne la livraison obligatoire du casque lors de la vente. » Le non-respect de la réglementation est exacerbé par une quasi-absence de contrôles routiers (plus de 90 % des usagers n’ont jamais été contrôlés pour l’assurance ou le permis). L’étude préconise un renforcement de la surveillance policière et une sensibilisation accrue pour réduire l’insécurité routière dans la capitale burkinabè.

Mots-clés :
Burkina Faso, Ouagadougou, Mobilité urbaine, Deux-roues motorisés, Sécurité routière.

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